La Reine des Tamarins

La Reine des Tamarins est un arbre de 300 ans affaissé par un cyclone dans la forêt primaire de Bélouve sur l’île de La Réunion. C’est aussi métaphoriquement, dans ce travail photographique, une manière de retrouver le cheminement de l’existence. 
Une nature sauvage, originelle et dépouillée, sans trace de la présence humaine. Une réalité moins l’homme. 
Une terre sans maître. 
Les lieux nous mènent hors de l’Histoire. Avant elle. Dans un décor précédant les Empires révélant un monde inhabitable. 

« Tout, autour de lui, était trouble et vacillement, prise incertaine ; on eût dit que le monde tissé par les hommes se défaisait maille à maille : il ne restait qu’une attente pure, aveugle, où la nuit d’étoiles, les bois perdus, l’énorme vague nocturne qui se gonflait et montait derrière l’horizon vous dépouillaient brutalement, comme le déferlement des vagues derrière la dune donne soudain l’envie d’être nu. » [1]

Il y a une nécessité du paysage : être attentif au monde. Aux temporalités qui nous traversent et dans lesquelles nous existons en même temps. 
Supporter les transformations. Se tenir dans un monde incertain et déjà là, avec toutes formes de sortes de vie qui naissent et disparaissent.
Quelque chose bouge et ne cesse de bouger.
Métamorphique est l’état de notre monde. 
Habiter en mobilité permanente. 

Mars 2019.

[1] Un balcon en forêt, 1958, Julien Gracq.